D’abord, commençons par ceux en bas de l’échelle, les anarchistes (cela n’inclu pas les miliers de manifestants de tout acabit qui ont le droit de manifester peu importe leur cause). Leur prix, une brique et un phanal. Remarquez qu’on ne peut pas s’attendre à grand chose de la part d’une telle bande d’abrutis (je ne parles pas des manifestants, mais seulement des anarchistes). Leur seul objectif était de faire tomber la clôture. Et ils ne s’en ont même pas approchés. Et même s’ils avaient réussi, ils n’auraient même pas mérité de trophé. Ils se méritent seulement une caisse de navets pour les dommages collatéraux qu’ils ont causés.
On remonte d’une marche (pas plus) pour la police et les forces de sécurité. Ce n’est pas un succès. Un milliard de dollars (canadiens), quelques miliers de policiers très bien équipés, une clôture et un périmètre de sécurité hermétique. Et on a quand même vu de la casse à la télévision et sur youtube. C’était plus calme la deuxième journée, mais c’est parce qu’ils ont arrêté tout le monde. On se demande c’était quoi leur stratégie (ou s’ils en avaient une). Annoncer le coût (1 milliard C$), les mesures de sécurité (la clôture, le périmètre, les forces en présence, les caméras, etc.), c’était comme lancer une invitation à tous les anarchistes pour venir soit, 1. faire la fête (si vous êtes anarchiste) ou 2. faire la casse (si vous êtes de la sécurité). Et les anarchistes étaient au rendez-vous en grand nombre. Alors, si ces mesures de sécurité étaient une invitation aux anarchistes, les forces de sécurité ont réussi leur mission. Si ce n’était pas leur objectif, et bien ils ont échoué lamentablement.
Pour les manifestants, ils ont perdu par défaut. Manifester, dans un pays comme le Canada, c’est un droit. Peu importe la cause, peu importe le message. Mais les manifestants sont un peu naïfs (en passant, c’est qui qui a payé pour leurs déplacements jusqu’à Toronto?). À chaque fois, ils se font doubler par les anarchistes et les forces de sécurité. Si bien qu’à la fin, on les oublie, on oublie ce qu’ils avaient à dire. Les anarchistes leur volent le show tandis que la forces de sécurité, qui sont favorables avec la présence de manifestants, ne parviennent pas à les différentier d’avec les anarchistes.
Une suggestion (car c’est bien beau critiquer, mais c’est plus constructif d’accompagner la critique d’une suggestion ou d’un conseil), pourquoi les forces de sécurité (et les organisateurs de ces événements) ne travailleraient pas aux préparatifs avec les groupes de manifestants pour faire de ces événements un succès pour tous. Ils partagent un même objectif, avoir la possibilité de manifester pacifiquement et en sécurité.
Et maintenant, les politiques. C’est un bilan mitigé. Côté négatif, «f» pour fatalisme (ils prennent pour acquis la présence de casseurs lors de ces événements) et «i» pour indifférence vis-à-vis les manifestants pacifiques. Bill Clinton avait eu plus d’écoute à Seatle en 1999 lors de la conférence de l’OMC. Il faut rappeler que là aussi les forces de sécurité avaient été mis en échec par les anarchistes. C’était peut-être le début d’une compétition entre les forces de sécurité et les anarchistes pour ce genre d’événement; le concours de celui qui se montrera le plus abrutis. Le problème, c’est que bien souvent, les deux protagonistes arrivent à égalité. Et tout le monde est perdant.
Côté positif, nos dirigeants se sont engagés à faire du ménage dans leurs (nos) affaires. Les déficits et le niveau de dettes causent beaucoup de problèmes à l’économie mondiale, ce qui engendre des pertes de revenus pour nos gouvernements, ce qui diminue leur marge de manoeuvre pour faire face aux problèmes et venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Un des rôles que nos gouvernements ont en commun (du moins ceux du G20 et plus particulièrement ceux du G8) est la redistribution de la richesse. Mais pour ce faire, il faut avoir des gouvernements responsables. On peut noter un certain progrès de ce côté depuis quelques années. Même si les gestes tardent à se réaliser, les intentions, elles, se font de plus en plus présentes. Et ça mérite d’être souligné.
J’ai traité les anarchistes d’abrutis. J’ai peut-être tort. Ça m’arrive d’avoir tort et j’en suis reconnaissant. Ça fait de moi un être humain. Comme le disait si bien Raymond Devos, on peut avoir raison d’avoir tort, mais on peut aussi avoir tort par notre façon d’avoir raison. À tort ou à raison.