Il est très difficile de savoir si l’Iran veut se doter de l’arme nucléaire ou non. Bien que le président iranien ait laissé entendre à plusieurs reprises que son pays ne voulait pas avoir de bombes atomiques et que son programme n’était qu’à des fins civils, il est difficile de savoir sur quel pied danse le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Son discours belliqueux ainsi que le jeu de chat et de souris qu’il joue avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA); les négociations intermitantes avec le groupe des cinq + un (États-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie – membres du conseil de sécurité de l’ONU – et l’Allemagne); sans parler des menaces qu’il fait régulièrement envers Isarel et son soutient au Hamas; tout cela sème le doute sur ses réelles intentions.
C’est en partie pour cette raison que la communauté internationale, par l’entremise de l’ONU et de son agence, l’AEIA, à imposé à l’Iran des restrictions (inspections des installations et autres) pour le développement de son programme nucléaire, civil ou non. Et, pour montrer son désaccord vis-à-vis ces restrictions, arguant que l’Iran est libre de poursuivre un programme nucléaire civil au même titre que la France ou tout autre pays industrialisé, le président iranien fait trainer les négociations sur ces restrictions. En réponse à ces agissements, les pays membres du groupe des cinq + un se voient contraints d’imposer des sanctions à l’Iran. Sans savoir si le programme iranien est seulement civil ou s’il est aussi militaire.
Mais, imposer des sanctions économiques, surtout pour un pays comme l’Iran, n’est pas très efficace. On peut considérer l’Iran, sans trop s’égarer, comme un pays semi-totalitaire. Ce genre de gouvernement se maintient au pouvoir beaucoup par la force. Voulant imposer à la population une idéologie, quelle soit politique ou religieuse, qui n’est pas partagée par l’ensemble, ce genre de gouvernement ne peut se maintenir au pouvoir que par la force. Et il doit se maintenir dans un certain état d’isolement pour limiter les influences qui pourrait venir de l’extérieur. Souvent, ces régimes sont dotés d’une impressionnante machine de propagande. C’est le cas de Cuba, de la Corée du Nord, et c’était le cas de l’Irak sous Saddam Hussein. Or, lorsque ces gouvernements se sentent menacés ou attaqués par des forces étrangères (ils considèrent les sanctions économiques ou embargo comme des attaques ou des menaces), ils utilisent leur machine à propagande pour forcer l’adhésion de leur population à leur cause en dénonçant ces menaces comme des atteintes à leurs libertés. Nous n’avons qu’à voir les effets qu’à eu l’embargo américain sur le gouvernement cubain pour juger de l’efficacité de ce genre de mesure.
Donc, si les sanctions économiques ne sont pas efficaces contre un gouvernement comme celui du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, quoi faire alors pour le dissuader d’aller de l’avant avec un programme nucléaire minilaire sans l’empêcher de développer un programme civil? Les quelques pays du groupe des cinq qui possèdent l’arme nucléaire pourraient utiliser contre l’Iran une vielle recette qui a bien fonctionné à l’époque de la guerre froide: la dissuasion nucléaire.
Voici comment cela pourrait fonctionner. Dans un premier temps, on suspend toute les sanctions économiques liées au programme nucléaire iranien et on autorise l’Iran à poursuivre son programme civil en lui suggérant fortement de collaborer avec l’AIEA. Mais on lui transmet cet avertissement. Si jamais le gouvernement iranien détourne une partie de son programme vers le militaire et se dote d’une bombe atomique (il devra en faire l’essai et cela sera détecté automatiquement) les pays qui ont déjà ce genre d’armement pointeront alors quelques uns de leurs missiles sur l’Iran. Et si, peu importe la raison, l’Iran a le malheur d’utiliser une bombe nucléaire, il suffira pour ces pays qui ont des missiles pointés sur l’Iran, de peser sur le bouton. Pour être efficace, cet avertissement devra être fait de façon transparente, c’est-à-dire de façon à ce que toute la population iranienne en soit informée. Elle pourra alors faire pression sur son gouvernement pour ne pas qu’il soit tenté d’aller de l’avant avec un volet militaire pour son programme nucléaire.
Rappelons ici que le but de cette stratégie est de dissuader l’Iran de se doter d’une arme nucléaire. Il s’agit d’un avertissement et non d’une action. En aucun temps, aucun missile nucléaire ne doit être pointé sur l’Iran tant qu’il n’est pas prouvé que l’Iran possède une arme nucléaire.
C’est juste une suggestion.